
Tout
l'indique : cette campagne est particulièrement médiocre. Ou sont
passés les sujets essentiels ? Travail, endettement, enseignement,
environnement ; tous ont disparus remplacés par des thème plus
inquiétants : Hallal, extrémisme, etc. Ce début de
XXIeme siècle ressemble à bien des égards au début du
XXeme siècle – plutôt que de s'attaquer aux causes
du mal on préfère la recherche d'un coupable – de préférence
étranger ou d'apparence étrangère (pour ne pas dire
musulman d'apparence selon les propres termes de
Sarkozy).
C'est
ainsi que de son passé gaulliste, l'UMP semble avoir tourné la page
– pour revenir en arrière – Sarkozy fraye sans complexe
avec l'extrême droite, utilisant l'antienne « travail,
responsabilité, autorité » écho moderne à l'ancienne
rhétorique « travail, famille patrie ». Voilà qui
nous ramène loin en arrière et ne cesse d'inquiéter une grande part
de nos concitoyen. Dommage que si peu de grands médias s'en
inquiètent vraiment.
Pendant ce temps, l'hémorragie qui draîne les
forces vives de la nation n'inquiète pas grand monde –
politique et médias en détournent les yeux. Sur le terreau fertile
de la désinformation les apprentis médecins mettent le peuple sous
sédatif : les nouvelles dépenses font florilège et les prévisions
de croissance se font très très optimistes. Pourquoi donner du sang
à ce malade puisqu'il en produira plus qu'il n'en perd ? A quoi
servirait il de refermer cette plaie béante ? Trop de travail, trop
dur et trop fatiguant !
Dans
ces conditions, les mots de Bayrou n'ont que plus de poids : il y a
« non assistance à patrie en danger ». Car ceux qui
cachent les vrais sujets préparent à nos concitoyens la pire des
gueules de bois. Ce choc sera d'autant plus douloureux qu'il n'aura
pas été prévu. Il sera d'autant plus violent que le remède sera
pire que le mal. Car au vu des compétences de nos apprentis
médecins on ne peut qu'imaginer la solution : « une bonne
saignée ! Rien de mieux pour soigner une anémie mon cher
confrère ». La saignée, ils ne le comprennent pas, c'est la
mort du patient.
Alors
que le malade se meurt, plutôt que de poursuivre avec ces
charlatans, il n'est que temps de choisir le seul médecin diplômé
et le seul compétent – François
Bayrou
François
Tanguy